Après un premier album qui a fait découvrir leur fusion Afro-electro et en 2014, le collectif londonien s’est ensuite assez paradoxalement retrouvé sur le label indie rock Merge pour la sortie de leur nouvel album Uyai ce mois-ci. Ils y poursuivent leur entreprise de rapprochement entre rythmes de l’Afrique de l’ouest, disco, Funk et electro, mais en ajoutant un peu d’influences new wave post punk cette fois-ci.
 
Le groupe doit encore une fois beaucoup à l’énergie de sa front-woman Eno Williams et si beaucoup de ses textes (chantés en anglais et en Ibibio, la langue du peuple du même nom au Nigeria) doivent encore beaucoup aux contes nigérians, cet album apparaît davantage porté sur sa conscience sociale, et aborde des événements récents et l’état général du monde actuel.
Le premier titre “Give Me a Reason” par exemple, aux accents electroclash fait ainsi référence à l’enlèvement des 276 étudiantes par Boko Haram en 2014 au Nigeria et le fait d’aborder des sujets aussi lourds ne se fait pas sans atteindre l’humeur générale de l’album, qui apparaît légèrement plus sombre malgré toute l’énergie et le côté encore festif qui s’en dégage toutefois.  La musique d’Ibibio Sound Machine reste cependant pleine d’espoir et ouverte sur le monde, appelant à l’émancipation des femmes et des africains en général, et à la liberté pour le genre humain.
 
La plupart des titres apparaissent comme des jams festifs qui associent des mélodies funk et R&B des 80’s, des rythmiques torrentielles, des guitares hésitant entre rock et musiques africaines, des cuivres vaillants et des synthés ludiques. Voilà une bien belle manière de réunir les influences du Nigéria, pays d’origine d’Eno Williams et son pays d’accueil, l’angleterre et ses mouvements new wave et Post-punk sur un deuxième album qui nous donne envie de poursuivre l’aventure Ibibio Sound Machine et ses huit musiciens.
 
 

Podcast de la semaine

Aller au haut